Grossesse et ostéopathie

Pourquoi l'ostéopathie est une pratique importante
Pourquoi l’ostéopathie ?
5 février 2018

L’ostéopathie permet fréquemment un cheminement de grossesse avec moins de douleurs et/ou de tensions. De plus, l’ostéopathe peut même favoriser un accouchement plus harmonieux.

À nos cliniques de Montréal et Terrebonne nous recevons des femmes enceintes régulièrement. Voici différentes raisons qui incitent à consulter en ostéopathie durant la grossesse :

Grossesse et ostéopathie

Maux de dos

Sans doute la raison principale de consultation de la femme enceinte. Les douleurs au bas du dos et qui descendent parfois le long d’un fessier ou même dans la jambe sont très fréquentes. Avec la croissance utérine et du bébé, la colonne vertébrale et le bassin doivent pouvoir s’adapter aux changements du centre de gravité et des tensions appliqués sur la structure osseuse du corps. L’utérus est fixé au bassin osseux par l’entremise de différents ligaments, soit les ligaments larges, ronds et utéro-sacrés. Lorsque celui-ci se met à croître durant la grossesse, il peut se heurter à des tensions se répercutant au niveau de ces ligaments. Ceci peut fréquemment expliquer les douleurs au bas du dos des futures mamans.

De plus, la relaxine, une hormone présente surtout lors du 2e et 3e trimestres, permet aux ligaments d’augmenter leur élasticité afin de permettre au bassin de s’élargir en vue de l’accouchement. Ainsi, des blocages articulaires préexistants pourraient faire apparaître de nouvelles douleurs à cause de cette mobilité accrue. L’ostéopathe devra s’assurer que le bassin osseux (sacro-iliaques, sacro-coccygiennes, lombo-sacrées, symphyse pubienne et coxo-fémorales) est bien mobile.

L’ostéopathe s’assurera également que l’utérus est libre vis-à-vis les organes voisins. Il cherchera à lui redonner le plus de mobilité possible afin de diminuer les lourdeurs ou douleurs au bas du ventre et du dos.

Enfin, la musculature du bassin n’est pas à négliger. Le plancher pelvien doit pouvoir aider à soutenir toute cette pression. Les psoas, les pyriformes, les obturateurs entres autres, sont sollicités durant la grossesse. Ils peuvent être travaillés durant la séance et des exercices peuvent être enseignés afin d’assouplir ceux-ci.

Le reflux gastro-œsophagien

L’utérus en croissance dans la cavité abdominale est parfois en cause dans les cas de reflux gastro-œsophagien influençant la pression sur les organes sous-diaphragmatique. L’ostéopathe pourra, entre autres, tenter de dégager le diaphragme thoracique afin de réguler les pressions exercées sur l’estomac, normaliser le sphincter supérieur de l’estomac ou encore les ligaments reliant le foie et l’estomac.

Œdème des membres

Plus la grossesse progresse, plus les risques d’œdème augmentent, généralement plus au niveau des membres inférieurs à cause de la gravité et des pressions qu’exercent l’utérus en croissance sur les veines profondes de l’abdomen. En dégageant le bassin au niveau musculo-squelettique (plancher pelvien entre autres), viscéral (utérus et ses ligaments) et en libérant les tensions profondes des membranes interosseuses situé entre le tibia et la fibula au niveau des jambes, l’ostéopathe peut favoriser un retour veineux et lymphatique, pouvant ainsi diminuer l’œdème et l’apparition de varices secondaires à la grossesse.

Préparer l’accouchement

Le but de l’ostéopathie dans la préparation à l’accouchement est de s’assurer que toutes les structures qui interviennent dans un accouchement naturel soient le plus libres afin que la physiologie de l’accouchement puisse s’accomplir sans entrave. Entres autres, l’ostéopathe va s’assurer que le bassin osseux est libre de s’ouvrir afin de permettre la descente du bébé. Il s’assurera aussi que la colonne vertébrale est mobile, surtout au niveau thoraco-lombaire à cause de l’innervation sympathique de l’utérus, et au niveau du sacrum pour l’innervation parasympathique du l’utérus. Il vérifiera également que le diaphragme thoracique est bien souple et mobile afin que la femme puisse bien utiliser celui-ci lors des poussées. L’ostéopathe vérifiera enfin qu’il n’y a pas de tension au niveau des os crâniens afin que l’ocytocine puisse être sécrétée de façon optimale pour favoriser des contractions efficaces. Enfin, il s’assurera de bien relâcher le plancher pelvien (périnée).

La grossesse et l’accouchement demeurent des mécanismes mettant en jeu plusieurs aspects tels que le physique, le psychologique, les hormones ou encore la présentation du bébé. Quelques études en ostéopathie ont pu démontrées que le traitement ostéopathique favorisait une régularisation du temps de travail actif, et également une diminution de la gravité des déchirures du plancher pelvien.

Enfin, certaines femmes consultent afin de favoriser un meilleur positionnement d’un bébé ayant une mauvaise présentation. D’autres nous consultent afin de favoriser le déclenchement du travail lorsque le terme prévu est dépassé.

Le nombre de séances varie selon la problématique. Généralement, une séance par trimestre pour les deux premiers trimestres sont suffisants. Pour la préparation à l’accouchement il faut prévoir une à trois séances dans les dernières semaines de grossesse.

Références

  • DRUELLE, Philippe. (1985) Ostéopathie tome XIX : Gynécologie et obstétrique. Éditions spirales, Montréal.
  • COUILLARD, Julie. (2008) L’influence du traitement ostéopathique en cours de grossesse sur le déroulement de l’accouchement. Thèse présentée au Collège d’Études Ostéopathiques. Montréal.